30   .  A2.    
 


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30       ,           ,   .    ,    A2    ,     .    ,        .           .

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 A2.    






Comment lire ce livre /    


Dans ce livre, il y a trente histoires  une pour chaque soir d'un mois. Ce livre est pour les personnes qui parlent dj? un peu fran?ais et qui ont envie de lire de vraies histoires. Pas d'exercices, pas de tableaux. Seulement des histoires : une valise perdue, une machine ? caf en panne, deux personnes avec le m?me nom et une seule chambre d'h?tel.

           .   ,           .  ,  .  :   ,  ,              .

Le fran?ais de ce livre est simple, mais naturel. Les personnages parlent comme de vraies personnes. Ils racontent ce qu'ils ont fait hier et ce qu'ils vont faire demain. Parfois, ils font des fautes. Vous aussi  et c'est tout ? fait normal.

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Chaque histoire est en deux langues. D'abord, vous lisez un paragraphe en fran?ais, puis le m?me paragraphe en russe. Le texte russe n'est pas une traduction mot ? mot. Il raconte la m?me histoire dans un russe naturel. Lisez d'abord le texte fran?ais et essayez de comprendre le plus possible. Ne vous arr?tez pas ? chaque mot nouveau. Souvent, l'histoire vous aide ? le comprendre. Ensuite, lisez le texte russe et vrifiez.

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Apr?s chaque histoire, vous trouvez une courte liste : Nouveaux mots. Elle donne les mots les plus importants de l'histoire, avec leur traduction. Pour les noms, vous voyez aussi l'article. Pour les verbes, vous voyez l'infinitif et, entre parenth?ses, la forme du texte, par exemple : se perdre (je me suis perdue).

        .          .    .     ,      ,    , : se perdre (je me suis perdue)   ( ).

Une histoire, c'est environ dix minutes de lecture. Lisez-en une chaque soir, ou deux le week-end, ou la m?me deux fois. Et faites attention ? la premi?re et ? la derni?re histoire : elles vont ensemble. ? la fin du livre, vous allez comprendre pourquoi.

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DAY 1





Le cours du soir


Je m'appelle Nadia. J'ai trente-quatre ans. Il y a trois mois, je suis partie de Russie avec mon mari, Micha, et nous sommes arrivs ? Nantes. Micha a trouv du travail ici, dans une grande entreprise. Moi, je n'ai pas trouv de travail. J'ai trouv beaucoup de pluie et beaucoup de fran?ais. Et ce fran?ais, je ne le comprenais pas.

  .    .              .       .     .       .      .

? l'cole, j'ai appris le fran?ais pendant huit ans. Je connaissais la grammaire. Je connaissais tous les verbes  enfin, presque tous. Mais ? la boulangerie du coin, la vendeuse me disait chaque matin :  Et avec ceci, ma belle??  Et moi, je restais l? et je souriais. Je ne comprenais rien. Qu'est-ce que c'est,  avec ceci ?? Et pourquoi  ma belle ??

      .   .     ,  .            :   ,  ?      .     .    ?      ?

 Il te faut un cours , m'a dit Micha un soir.  Avec de vraies personnes. Pas seulement des applis sur ton tlphone. 

   ,      .    .      .

 Je suis trop vieille pour un cours , ai-je rpondu.

     ,   .

 Tu as trente-quatre ans?!  Il a ri.  Ce n'est pas vieux. C'est parfait. 

   !   .    .   .

Alors, un mardi d'octobre, sous la pluie, j'ai pris le tramway pour aller ? mon premier cours de fran?ais. ? Nantes, comme dans beaucoup de villes en France, il y a des cours du soir pour les adultes : des langues, de la cuisine, du yoga presque tout. Mon cours commen?ait ? sept heures. Je suis partie de la maison ? six heures, parce que j'avais peur d'?tre en retard. Et bien s?r, je me suis perdue.

               .  ,      ,     : , ,      .     .       ,    .  , .

J'ai march trois fois dans la m?me rue, dans un sens, puis dans l'autre. L'cole tait dans un vieux b?timent, entre un caf et un coiffeur, et la plaque sur la porte tait toute petite. Quand je l'ai enfin trouve, il tait sept heures dix. Mes cheveux taient mouills, mes chaussures taient mouilles, et mon cCur battait tr?s vite.

           .         ,       .     ,    .  ,  ,     .

La salle de cours tait au deuxi?me tage. J'ai ouvert la porte doucement. Il y avait huit personnes autour d'une grande table, et ? c?t du tableau, un grand monsieur avec une barbe grise. Tout le monde s'est retourn et m'a regarde.

    .    .      ,         .      .

 Bonsoir?! Entrez, entrez , a dit le monsieur.  Pas de probl?me, on vient de commencer. Je suis Monsieur Girard, votre professeur. Asseyez-vous o? vous voulez. 

  ! , ,   .   ,   .   ,  .   .

J'ai vu une chaise libre pr?s de la fen?tre et je me suis assise. Puis un jeune homme aux cheveux boucls est revenu dans la salle. Il m'a regarde avec de grands yeux tristes.

       .         .       .

 Pardon , a-t-il dit.  C'est ma chaise. Je suis juste all chercher de l'eau. 

 ,   .    .     .

Il m'a montr un gobelet en plastique. Je suis devenue toute rouge. Je me suis leve tr?s vite, et mon sac est tomb par terre. Mes stylos et mon tlphone ont vol partout. Quelqu'un a ri  pas mchamment, mais il a ri.

   .   .    ,     .       . -    ,  .

 Pas de probl?me, pas de probl?me , a dit le jeune homme, et il m'a aide ? ramasser mes stylos.  Il y a une autre chaise ici, ? c?t de moi. Je m'appelle Lucas. Je viens du Brsil. 

  ,  ,         .    ,   .  .  .

 Nadia , ai-je dit.  De Russie.  Ma voix tait toute petite.

 ,   .   .       .

Monsieur Girard a frapp dans ses mains.  Bon?! On commence par les noms. Dites votre prnom, votre nom et d'o? vous venez. Et apr?s, pelez votre nom, s'il vous pla?t. Qui veut commencer?? 

    .  !   .      ,   .      .   ?

Personne ne voulait commencer. Monsieur Girard a souri et il a montr une femme aux cheveux blonds et courts. Elle avait environ quarante ans et un cahier avec beaucoup d'autocollants de toutes les couleurs.

   .           .    ,     ,    .

 Je m'appelle Kasia Kowalska , a-t-elle dit.  Je viens de Pologne. J'habite ? Nantes pendant six ans.  Elle s'est arr?te.  Non. Depuis six ans?! Depuis?! 

    ,   .    .     pendant six ans.   .  . Depuis six ans    ! Depuis!

 Tr?s bien , a dit Monsieur Girard.  Et vous pouvez peler?? 

  ,    .    ?

 K-O-W-A-L-S-K-A , a dit Kasia, et elle a ri.  Six ans en France, et je dis encore pendant?! 

 K-O-W-A-L-S-K-A,     .     ,      pendant!

Apr?s, c'tait le tour d'un Japonais assez ?g, avec une veste impeccable. Il s'appelait Hiro. Il tait ingnieur, ? la retraite, et sa fille habitait ? Nantes avec son mari fran?ais.  Je voudrais parler avec mon petit-fils , a-t-il dit lentement.  Il a quatre ans. Son fran?ais est meilleur que mon fran?ais. 

       .   .     ,        -.        ,    .    .   ,   .

Tout le monde a ri, et Hiro a souri aussi. Ensuite, c'tait le tour de Lucas. Il parlait vite, et ses mains bougeaient tout le temps. Il avait vingt-cinq ans, il travaillait dans la cuisine d'un restaurant, et il adorait le football, la musique et  il m'a fait un clin d'Cil  la pluie de Nantes.  ? S?o Paulo, il fait toujours chaud. Ici, enfin, je peux porter mon pull?! 

 ,    .    .       .    ,        ,          .   -  .       !

Puis tout le monde m'a regarde.

    .

Je connaissais les mots. Je les ai rpts dans le tramway.  Je m'appelle Nadia Yakovleva. Je viens de Russie.  C'tait tr?s simple. Mais tout ? coup, j'avais la bouche s?che, et mon nom avait un son bizarre, tout petit.

  .     .    .   .  .     ,       .

 Et vous pouvez peler votre nom??  a demand Monsieur Girard gentiment.

    ?     .

J'ai ouvert la bouche. La premi?re lettre de mon nom, c'est Y. Je connaissais cette lettre. Je la voyais tous les jours : dans la rue, dans les magasins, dans mon passeport. Mais son nom en fran?ais?? Rien. J'avais la t?te compl?tement vide. Alors j'ai dit le mot russe, tout bas :   

  .      Y.    .     :  ,  ,   .     -? .       .     -:  

Monsieur Girard a ouvert de grands yeux. Puis son visage s'est illumin.  I grec?!  a-t-il cri.  Exactement?! Bravo, madame?! 

    .    .  I grec!   .  ! , !

Je ne comprenais pas. Alors il a pris un feutre bleu et il a crit au tableau, en grandes lettres : Y = I GREC = .  En fran?ais, cette lettre s'appelle i grec : le i des Grecs. Et vous, en russe, vous dites igrek. C'est le m?me mot?! Votre igrek vient du fran?ais.  Il m'a regarde avec un grand sourire.  Vous voyez, madame Yakovleva?? Vous parlez dj? fran?ais. Vous ne le savez pas encore, c'est tout. 

   .           : Y = I GREC = .  -    i grec,    i.   -  .      !     .        .  ,  ?    -.       .

Lucas a ri le premier. Puis Kasia. Puis moi. En Russie, on apprend ce mot ? l'cole, en maths :  x  et  igrek . Et pendant toutes ces annes, c'tait un mot fran?ais?! J'ai expliqu ?a ? la classe, et bient?t, tout le monde riait  mais gentiment, comme des amis.

  .  .  .       ,  :   .       !    ,       -,  .

Ensuite, on a parl ? deux. J'ai parl avec Kasia de nos plats prfrs. Elle m'a parl des pierogi de sa m?re, et moi, je lui ai parl des pelmeni de ma grand-m?re.  C'est la m?me chose?!  a dit Kasia.  Presque la m?me chose , ai-je dit. C'tait ma premi?re vraie conversation en fran?ais ? Nantes  et elle parlait de raviolis.

    .       .            ,       .      !   .      ,   .       -        .

Tout le monde faisait des fautes. Lucas a dit quatre fois  le table . Hiro disait  il  pour sa femme et  elle  pour son petit-fils. Kasia a encore dit  pendant  ? la place de  depuis . Et rien de grave n'est arriv. Personne n'avait honte. Petit ? petit, mon cCur s'est calm.

 .     le table.         .    pendant  depuis.     .    .    .

? neuf heures, Monsieur Girard s'est lev.  Encore une chose , a-t-il dit.  Les devoirs. Mais pas pour la semaine prochaine. Ces devoirs sont pour tout le cours. 

    .    ,   .   .     .     .

Tout le monde a soupir.

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 Notre cours dure dix semaines , a-t-il dit.  Au dernier cours, chacun de vous va raconter une histoire. Une vraie histoire de votre vie. Cinq minutes. En fran?ais. Sans notes. 

     ,   .         .     .  . -.  .

Cinq minutes?! Je ne connaissais m?me pas le nom de la premi?re lettre de mon nom. Comment parler pendant cinq minutes??

 !    ,      .      ?

 Pas de panique , a dit Monsieur Girard, et il m'a regarde.  Dix semaines, c'est long. Vous allez y arriver. 

  ,        .      .    .

Dehors, il pleuvait toujours. Lucas a ouvert un grand parapluie et il m'a accompagne jusqu'? l'arr?t de tram.  ? mardi prochain, Nadia , a-t-il dit.  Et ne prends pas ma chaise?! 

     .          .    , ,   .      !

J'ai ri. C'tait un vrai rire, le premier de la soire.

 . -     .

Dans le tramway, je regardais les rues sombres et mouilles de Nantes. Dix semaines. Une histoire. Cinq minutes en fran?ais. Je ne savais pas du tout quelle histoire j'allais raconter. Mais pour la premi?re fois depuis trois mois, j'avais envie de le savoir.

        .  .  .   -.    ,     .         .

Nouveaux mots /  

un cours du soir  



Et avec ceci ? - ? ( )

se perdre (je me suis perdue) 

le tableau () 

peler (pelez votre nom)   

?tre ? la retraite   

faire un clin d'Cil (il m'a fait un clin d'Cil) 

i grec ,   Y (.  i)

depuis (j'habite ? Nantes depuis six ans) ,  (    )

pendant   (   )

les devoirs(m)   

Vous allez y arriver.   .




DAY 2





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   ,     (https://www.litres.ru/book/aleksandra-panfilova/30-vecherov-s-frantsuzskim-uroven-a2-dvuiazychnye-ras-74574327/)  .

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