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La Gardienne avait dit que je pouvais partir, je pouvais lui faire confiance. Elle était trop pointilleuse vis-à-vis du processus pour me mentir. Elle était humaine. Rachel, Kristin et Lindsey semblaient heureuses ici. Je n'avais vraiment rien à perdre. Et ce mec ? Plutôt pas mal.
De plus, je tenais vraiment à sortir de cette pièce, et à m'habiller. Je m'attendais à faire la connaissance de mon mari et me faire tringler par un extraterrestre bien costaud, chaud bouillant, qui aurait hâte de m'embrasser et de me dire combien j'étais belle et parfaite. Fait incroyable, j'avais rencontré presque tout le monde sur la base, sauf mon mari.
Bien que je ne puisse pas en vouloir à Trax et lui faire payer son absence. Il était venu ici. Il était là, agenouillé devant moi avec un collier. Il ne savait rien de moi et m'avait dit qu'il était à moi, et non l'inverse. Un grand extraterrestre sexy en diable me demandait en mariage. Je lui devais bien ça.
—J'accepte ta demande, Trax. Je t'accorde tes trente jours. Je ne comptais pas prononcer le nom de l'autre. Ça commençait bien par un S ? Je n'en étais pas sûre. Tout ce que je savais, c'est que l'autre extraterrestre, mon mari, travaillait. J'avais entendu cette phrase toute ma vie de la bouche de mon père. Toujours trop occupé pour sa femme et sa fille. Toujours des choses plus importantes à faire. Toujours occupé à vouloir sauver le monde.
Mon père m'aimait à sa façon. Je le savais, même si lui et maman n'avaient pas assuré lors de mon arrestation. Oui, ça m'avait fait de la peine. Ça m'en faisait toujours. Avant cela, cependant, j'aurais bien aimé être en première ligne pour attirer son attention sans devoir me sentir nulle et inférieure. Je savais qu'il sauvait des vies. Que représentait une pièce de théâtre à l'école ou une compétition de surf, comparées à l’intervention chirurgicale d’un patient qui risquait de mourir ? Il savait pourtant que j'aidais les autres. Sauf que les baleines n'étaient pas des êtres humains. Pour lui, ça ne comptait pas.
—Tu me fais un grand honneur, ma femme, déclara-t-il, avant de se redresser. Il était heureux vu son sourire. Je te protégerai et veillerai à ton bonheur. Tu as ma parole.
C'était si officiel. Se comporterait-il de même quand nous ...
Non. Je ne pouvais pas y penser. Pas encore. Une énorme protubérance était clairement visible sous le pantalon de son uniforme. Impossible de la manquer étant donné sa taille de géant, j’étais minuscule en comparaison. Mes yeux arrivaient presque pile au bon endroit. Il bandait pour moi. Il ne s'en cachait pas. Pas le moins du monde.
Il en était fier.
C’était mon mec. Mais alors, je n’avais qu’un seul partenaire ? Pourquoi être déçue ? Je n'avais jamais imaginé sortir avec deux mecs à la fois avant de passer ce foutu test de rencontres. Un rêve de ouf, j’avais joui comme jamais dans la vraie vie. Cette expérience me donnait à penser que baiser avec deux hommes m’excitait. Surtout si l'un d'eux était Trax. Je faisais la fine bouche alors qu’un homme sublime me suppliait de devenir son épouse légitime ?
Imbécile. Je me comportais comme une vraie idiote. Au diable les problèmes de mon père. Le trajet m’avait peut-être perturbée. Dire que la journée avait été longue serait un euphémisme. Rares étaient les femmes qui se réveillaient en cellule, étaient conduites au Centre de Recrutement des Épouses pour passer un examen puis transportées à des années-lumière pour être livrées à un extraterrestre qui, en gros, la posséderait. Et tout cela avant l’heure du dîner.
—Alors, euh... qu'est-ce que je fais ? Je le mets autour de mon cou ? demandai-je en levant le collier entre nous.
—T’aider est un plaisir.
Trax se posta derrière moi. Comme dans un film romantique, j’attrapai la couverture d'une main et soulevai mes longs cheveux noirs sur mes épaules pour lui faciliter l’accès.
—Tu es magnifique, ma chérie. Ses doigts effleuraient mon épaule et mon cou, aller- retour, ma chatte se contractait de désir. Mon Dieu, ce mec était incroyable, et dire qu’il m'avait à peine effleurée du bout des doigts. Ça se passerait peut-être bien, après tout.
Je doutais que Rachel, Lindsey et Kristin m’aient laissée en compagnie de Trax si elles le prenaient vraiment pour un sale con.
Il s'approcha et je sentis un léger picotement sur ma peau lorsque le collier sombre entra en contact avec mon cou.
Je vis la porte de la salle de transport s'ouvrir du coin de l'œil.
—N’essaie même pas de faire ça, Trax. Je suis là et elle m’appartient.
Une voix grave et exigeante, apparemment habituée à donner des ordres, à être obéie. Trax se figea un moment avant de se pencher et de chuchoter à mon oreille :
—Ton époux principal est là. J’ai réveillé la bête, ma chérie. N’aie crainte. On va tous les deux en prendre plein notre matricule.
Je ne savais pas ce qu'il voulait dire par là, je regardais fixement, yeux écarquillés, le grand extraterrestre qui se tenait devant moi. Grand, comme Trax. Des traits anguleux et beau à tomber par terre, comme Trax. La ressemblance s’arrêtait là. Il portait une cape gris acier, ses pieds nus dépassaient du bas. D’après ce que je pouvais voir, il était couleur or des pieds à la tête, un vrai lion. Cheveux dorés, peau dorée, yeux or pâle. Une beauté indécente. Impitoyable, mais pas glacial. Dominateur, mais pas féroce. Les cheveux et les yeux de ce type étaient couleur « paillettes d'or », mais il ne brillait pas. Il était... fascinant.
—Je suis Surnen, ton mari. Pardonne mon absence à ton arrivée mais je dois admettre que tu es arrivée par surprise. Une arrivée loin d’être indésirable, cela dit. Je t'attends depuis des années.
Il me reluquait des pieds à la tête, bien qu’il ne voie pas grand-chose, enveloppée que j’étais dans la couverture. Pas comme Trax, qui m'avait déjà vue nue.
—Être ton mari est un honneur, poursuivit-il. Tu es venue jusqu’à moi nue, saine et sauve, parfaite, sans aucun colifichet. Je viens à toi de même, conformément à la coutume Prillon traditionnelle.
La cape sur ses épaules me rappelait la cape d'un film de vampire, le tissu lourd et rigide le couvrait du cou jusqu'aux chevilles.
Il baissa la tête et laissa tomber la cape à ses pieds.
Je poussai un cri.
Surnen était nu. Nu comme un ver. Sa bite était aussi dorée que le reste de son corps... et visiblement plus que ravie de me voir.
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