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Résumons cette brève histoire des draps vénitiens. Au XIVe siècle, souvent protégé par des mesures protectionnistes qui tentaient de réserver à la production locale une part au moins du marché urbain, l’art de la laine, modeste, fragile, soumis à des crises récurrentes, conforte l’image d’une économie tout entière dominée par les entreprises de l’import-export. Un siècle plus tard, avant que de devenir une activité manufacturière de première importance, la fabrication, en progrès constants grâce à la rigueur des normes techniques et au savoir-faire des artisans, a réussi à conquérir des marchés à l’exportation.25
A l’exemple de la laine, d’autres secteurs, traditionnellement jugés comme subsidiaires dans l’économie de la métropole marchande, ont à leur tour suscité des réexamens attentifs.
Et, d’abord, l’industrie du verre. Longtemps, elle parut aux historiens une curiosité locale qu’ils examinaient, à l’égal de ces visiteurs étrangers qui, suivant les étapes d’un tour obligé, se faisaient conduire à Murano pour y admirer les fragiles productions sorties des fours. Il y avait là une autre étrangeté vénitienne, dûment signalée dans les récits de voyages ou les histoires de la ville au titre des merveilles de Venise. Dès le XVe siècle, la mention de «Murano où l’on fait le verre» est devenue dans les descriptions un véritable lieu commun.26
Depuis la fin du XIIIe siècle, la fabrication du verre a été en effet installée en dehors de l’agglomération, sur les très proches îlots de Murano. En 1291, le Grand Conseil ordonne la destruction de tous les fours de l’art du verre situés dans la cité; mais la construction en demeure autorisée, voire encouragée, dans le district. Cette mesure faisait d’ailleurs probablement suite à des décrets antérieurs, aujourd’hui perdus. Car la présence de verriers à Murano est attestée plus tôt. Dans le cadre des mesures générales, que la Commune prend alors pour lutter contre l’incendie, les fours sont déplacés. Et la prescription publique est suivie d’effets: patrons des fours et ouvriers migrent vers Murano et transforment ces îlots en un faubourg industriel.
Je ne retracerai pas ici sa croissance.27 On retiendra seulement que le verre, dans ses créations nobles ou plus courantes, se diffuse à un rythme soutenu. On sait que la fenêtre vitrée est assez largement attestée dans Venise dès le XIVe siècle. Puis, au XVe siècle, les inventaires des boutiques, tel celui qu’on établit en 1496 à la mort du prestigieux maître Barovier, conservent le souvenir d’objets raffinés et coûteux, vendus sur le marché local et international: chandeliers, chapelets, coupes émaillées, vases précieux et dorés. C’est cependant la production de masse de brocs, de carafes, de récipients divers qui alimente plus largement le commerce. Les actes qui, par pages entières, énumèrent les autorisations d’exporter, rendent compte de ces flux de marchandises qui, depuis les fours, partent vers la Terre Ferme, l’Allemagne, l’Istrie, la Dalmatie… Tout est mis en œuvre pour assurer la conservation et l’augmentation d’un «métier de grande commodité et utile à notre cité».
Au début du XVIe siècle, Murano abrite, avec son industrie concentrée et novatrice, une des branches les plus actives et les plus prestigieuses du centre industriel vénitien. La liste est longue en effet, une fois encore, des spécialités qui sortent des ateliers lagunaires, des perles de verre pour les chapelets, aux miroirs et aux lunettes même si l’invention n’en revient pas aux Vénitiens. Et puis, dans la seconde moitié du XVe siècle, les progrès dans la fabrication du cristal ont été décisifs et ils révolutionnent, par exemple, l’industrie du miroir. De la sorte, pour un long siècle, et malgré une concurrence italienne et européenne acharnée à copier les verres de Venise et à débaucher des ouvriers, les verreries de Murano dominent le marché international.
Il exista donc bien des savoir-faire vénitiens et le cadre coercitif mis en place montre comment le pouvoir tenta, très tôt, de les protéger. Les statuts des verriers, rédigés en 1271, interdisaient l’exercice du métier à tous ceux qui n’auraient pas été régulièrement immatriculés à l’art. Les décisions postérieures aggravent ce contrôle de la main d’œuvre. Il est désormais interdit à tout verrier de quitter le territoire du duché et les amendes prévues gonflent vite, à mesure que ce problème de l’émigration et de la divulgation des procédés de fabrication devient déterminant pour l’autorité publique. L’autorité publique use donc tour à tour de la menace et de la clémence, punit puis pardonne afin d’inviter les contrevenants à regagner la lagune. Cette suite d’interdictions, que viennent tempérer des assouplissements temporaires, informe, au moins partiellement, sur la situation du marché du travail.28 Mais il s’agit surtout de sauvegarder les secrets. Dès 1295, le Grand Conseil déplorait la diffusion, au détriment de Venise, de certains procédés techniques, notant que «les fours s’étaient multipliés à Trévise, à Vicence, à Padoue, à Mantoue, à Ferrare, à Ancône et Bologne».
Le même espoir d’un impossible monopole explique que l’exportation de tous les produits nécessaires à la fabrication demeure prohibée. Toutefois les habituelles affaires de contrebande montrent que cette interdiction était tournée. Enfin, vient une ultime mesure destinée à boucler le dispositif: interdiction est faite à tous ceux qui ne seraient pas Muranesi ou Venitiani de devenir verrier.29 Mais des difficultés d’application viennent à l’occasion moduler les excès de ce malthusianisme. Le Sénat avait, à la fin du XVe siècle, tenté de restreindre l’embauche aux seuls insulaires, les Vénitiens n’étant employés qu’en cas d’extrême nécessité. En 1501, les besoins de l’industrie imposent le retour à la flexibilité: lorsque les ouvriers manquent, les maîtres peuvent engager des hommes dans tout le duché.30 Il n’empêche que tout est fait pour combattre la concurrence. La production locale est stimulée, les secrets sont préservés; quant à la maîtrise des techniques, elle se voit limitée à une élite de Murano, de Venise, ou au moins du duché.
Grâce à cette expertise, et jusqu’à ce que d’autres que les Vénitiens s’en rendent maîtres à leur tour, toute une gamme de produits est appréciée et exportée. Et il en va pour les soies comme pour le verre et le cristal.
Dès les années 1450, les soieries vénitiennes, simples ou façonnées, sont vendues dans toute l’Europe mais au Levant aussi. Les étoffes unies forment le gros de la production, au coût relativement limité. Mais des tissus beaucoup plus riches et plus coûteux sont également tissés: damas, lampas, satins brochés, velours d’or, dont les fameux riccio sopra riccio, boucle sur boucle… Ce sont ces damas et ces velours cramoisis, paonazo, polychromes ou d’or, qui partent pour Constantinople, montrant comment les flux des échanges se sont, depuis Marco Polo, inversés. Sans doute faut-il compter au nombre des atouts vénitiens les facilités d’approvisionnement en soie grège et en matières tinctoriales dont le port disposait; sans doute faut-il rappeler aussi les liens traditionnels de la cité avec l’Orient. Les motifs orientaux inspirèrent d’ailleurs longtemps les décors occidentaux avant que les dessinateurs locaux, avec lesquels pouvaient collaborer des peintres de première importance, ne créent un style propre aux principales cités soyeuses italiennes.31
Il reste que l’arrivée des soyeux lucquois eut, au début du XIVe siècle, une influence déterminante pour la production vénitienne, déjà organisée mais modeste. Lucques s’était affirmée, au XIIIe siècle, comme le centre principal de la soierie italienne mais la ville connut des troubles politiques récurrents, responsables de flux migratoires. Venise accueille donc, entre 1307 et 1320, ouvriers et marchands en provenance de cette cité et facilite même leur installation.32 Dès lors, à lire les statuts de l’art ou le discours du doge Mocenigo, le métier croît: «Les artisans de Lucques et ses hommes riches vinrent à Venise, et Lucques s’appauvrit».33 Il est vrai que, dès 1366, de premières mesures protectionnistes sont attestées qui montrent que la fabrication, en croissance rapide, est protégée.34 L’émigration des artisans est, d’autre part, interdite. Toute une main d’œuvre, principalement féminine, est alors employée dans les premières phases de la préparation du fil (incannaresse, ordiresse…) et les textes normatifs décrivent les étapes multiples du processus de fabrication. Il faut dévider les cocons, procéder au moulinage de fil de soie, le faire bouillir ensuite… Pour obtenir un tissu a perfectione, la soie passe entre seize mains au moins.35
A la fin du XVe siècle, cinq cents métiers à tisser travaillent à Venise sans qu’il soit possible pour autant de déterminer le nombre d’ouvriers employés dans cette branche, peut-être trois mille; beaucoup, dans tous les cas, sont des immigrés, tels les Bergamasques fort nombreux dans le secteur du tissage. Dans tous les cas, l’industrie de la soie a contribué à structurer, sur les trois paroisses de San Canciano, de Santa Maria Nuova et de Santa Marina, un secteur socio-économique relativement cohérent. A côté de l’activité de bourgeois enrichis, à l’image de la famille des Amadi, dont les activités commerciales se déploient à l’échelle internationale, des investissements aristocratiques se manifestent aussi. Les déclarations immobilières de quelques lignages propriétaires, mais qui vivent bien loin de ce quartier, décrivent, à côté du corps de bâtiment principal et de l’unité de production, les maisonnettes qui servent à la main d’œuvre soyeuse, plus ou moins nombreuse selon l’importance de l’atelier. La concentration industrielle fait subir son influence jusqu’au nord de la paroisse San Canciano, in biri, borne septentrionale de cet ample circuit de la production. Le réseau des teintureries complète, dans ces paroisses, la chaîne des activités. Et plus encore peut-être que pour les draps de laine, la qualité des teintures que réalisent les tintori da seda s’avère déterminante.36 Cet espace homogène37 est prolongé par quelques ramifications dans les deux contrade voisines des Santi Apostoli et de San Giovanni Grisostomo. De plus rares ateliers et quelques teintureries y sont connus.
Encadrée par une réglementation drastique, surveillée par les maîtres de l’art et par l’office de la Corte de Parangon précisément institué au XVe siècle pour veiller à la qualité, la production vénitienne travaille, en dépit des limitations somptuaires, pour un marché local riche et exigeant. Mais elle est proposée aussi aux acheteurs étrangers dans les boutiques du Rialto et des Mercerie et les contrefaçons multiples dont elle est l’objet, comme les rares échantillons conservés, prouvent son haut niveau de qualité. Les spécialistes se divisent aujourd’hui pour savoir quelle était, à la fin du XVe siècle, la capitale de la soie. Venise ou Florence? En outre, la concurrence n’opposait pas que ces deux centres. Il fallait compter avec Gênes ou Milan; et puis, les cités de Terre Ferme réclament bientôt la permission de produire certains tissus. Enfin, en France, l’industrie moderne de la soie commence son essor, bien vite redoutable. Mais, avant que la soie vénitienne ne subisse les effets funestes de tant de rivalités, elle emploie, dans la seconde moitié du XVIe siècle encore, des milliers d’ouvriers.38
On pourrait ainsi continuer à décliner la liste des métiers du luxe, la gamme des produits qui, tous, requéraient une main d’œuvre hautement qualifiée.39 Il suffit de pénétrer dans l’intérieur des riches patriciens pour se convaincre de l’infinie variété de la création vénitienne. Les inventaires après décès dévoilent au regard une richesse, un raffinement de luxe que, par touches, l’iconographie confirme. Bien sûr, venus de tous les horizons, des arrivages venaient également satisfaire la demande de la clientèle. Impossible d’ignorer les flux de l’importation quand les actes, par dizaines, comptent aux murs des palais des «toiles à la flamande» ou «a la moderna», qui supplantent les anciens tableaux à «la grecque» peints sur fond doré, plutôt de bois. Impossible de ne pas voir que la quête des objets précieux conduit loin de Venise lorsque les premières collections se constituent. Mais, ce sont les métiers locaux qui fabriquent courtines, rideaux, couvertures et couvre-lits, brodés d’or, cramoisis ou à la frise d’or, «avec des faucons», «avec des oiseaux et des fruits», «avec les armes du lignage». Mais, ce sont les ateliers vénitiens qui produisent cette débauche de vaisselle et de couverts de métal précieux, les émaux ou les bronzes et, serrés dans les coffres des chambres, les bijoux et les fourrures. Par dizaines, des cuillères et des fourchettes d’argent, blanc ou doré, des couteaux d’argent niellé ou de plus rares fourchettes de cristal blasonnées. Et des tasses d’argent et d’or, des salières, des bassins pour se laver les mains, des bonbonnières d’argent, parfois émaillées, souvent armoriées. Et encore des peignes précieux et des ciseaux d’argent, des aumônières doro, des bourses de soie, de cuir, de velours, des éperons dorés et des boutons de manchette blasonnés, des anneaux, des chaînes, des ceintures d’argent, des fils de perle, des médailles, des bagues, des croix, des boucles de ceinture… Montés ou non, rubis, perles, diamants, émeraudes sont énumérés.
Les ateliers de Venise transforment donc, grâce à leur qualification, tout ce que le centre marchand importe. Les métaux que portent les Allemands ne repartent pas qu’en lingots ou en monnaies pour solder en Orient les comptes du commerce: ils sont transformés, travaillés, martelés, ciselés… Les fourrures, dont le commerce enrichit certains marchands, sont vendues dans les boutiques de Rialto.40 L’ivoire sert aux manches de ces petits couteaux que les notaires décrivent avec d’autres petits objets. Les cuirs permettent, à côté des objets courants, la confection de chaussures ou de gants plus recherchés. Les épices, les drogues, les substances médicamenteuses, les résines et les gommes alimentent les boutiques de pharmacie et de parfumerie. Et, grâce à ces secteurs originaux et dynamiques de l’artisanat, la métropole vénitienne, dès le XVe siècle, manifeste une remarquable aptitude au renouveau de son tissu économique et urbain et à la diversification de ses fonctions.
Enfin, il est une autre preuve de l’aptitude de la cité à accueillir ou à développer l’innovation: Venise devient très vite une des métropoles de l’édition. Si l’on a beaucoup étudié les effets culturels de l’évolution technique et commerciale du livre, on a moins insisté sur les conséquences économiques et sociales du formidable développement de ce nouveau produit.41 L’activité démarre pourtant modestement. C’est en 1469, quinze ans presque après les commencements germaniques, que l’imprimerie arrive dans la lagune, sans doute venue de Rome, grâce à l’entremise de Jean de Spire et de son frère. Venise n’a rien alors d’une capitale culturelle. Ville sans cour ni université, elle «était à la traîne au XVe siècle par rapport à d’autres villes italiennes dans le domaine de la production de manuscrits».42 Dès septembre 1469 toutefois, Jean de Spire avait obtenu le monopole de l’imprimerie pour cinq ans, mais sa mort rapide ouvrit grand la place à de nouveaux concurrents: une dizaine d’ateliers s’installèrent en deux ou trois ans. Le temps d’une expansion rapide et soutenue de l’imprimerie commença même si des crises brèves mais violentes, qui entraînaient un véritable effondrement du marché, secouèrent à intervalles réguliers cette branche industrielle encore fragile. L’histoire de cette croissance a été écrite43 et l’on a souligné l’importance des investisseurs qui favorisèrent le développement des presses et soutinrent les grandes entreprises éditoriales. Dans les années 1480, grâce en particulier à de véritables équipes éditoriales et à la collaboration des écoles, les livres vénitiens ont conquis, dans toute l’Europe, une part fort importante du marché. Les innovations se succédèrent qui augmentèrent la circulation et l’importance économique de ce produit. Des illustrations plus nombreuses et plus soignées, que permettaient les gravures sur bois, agrémentèrent la géométrie d’Euclide ou les livres de médecine. Des éditions bon marché suivirent désormais de quelques mois la parution d’un texte célèbre; cassant les prix, elles atteignaient des tirages considérables. On commença de surcroît à imprimer des partitions de musique ou à utiliser des caractères autres que latins; déjà quelques textes grecs apparaissaient sur le marché. Enfin, vint Alde Manuce qui publia Aristote et inventa le caractère italique.
Assurément, l’Europe lettrée regarde alors vers Venise. Mais, dans la cité, les effets d’une telle croissance industrielle sont notables. Au début du XVIe siècle, la ville compte de cent à deux cents ateliers d’imprimerie. Et c’est le chiffre de 1.125.000 volumes que l’on avance pour estimer la production dans les deux dernières décennies du XVe siècle. Des centaines d’ouvriers travaillaient donc dans ce secteur et les déclarations fiscales font, en 1514, apparaître en pleine lumière, au voisinage de Rialto, le nombre des librairies, et dispersés dans les paroisses, une cohorte de stampadori aux conditions socio-économiques très diverses.
La ville des trafics et «du dernier sein de la mer Adriatique», est donc devenue, au début du XVIe siècle, un centre industriel vivant.44 Et l’innovation, comme la capacité d’adaptation, semblent, en bien des secteurs, fortes. En Méditerranée, la puissance maritime de la République est sans doute ébranlée. Mais, le formidable programme d’extension de l’Arsenale nuovissimo entend la restaurer et tout un processsus, en œuvre des décennies, vise à réorganiser les modes de production et de gestion sur le chantier naval, et à introduire dans les méthodes de construction des innovations techniques. Le métier du verre, traditionnellement, faisait vivre à Murano une large population ouvrière.45 Or, les progrès dans la fabrication et l’inventivité des maîtres de l’art permettent d’assurer, jusqu’à la fin du XVIe siècle, la domination sur le marché européen des ateliers lagunaires. Ou bien, l’imprimerie, en quelques courtes années, s’implante et une activité nouvelle se développe qui vivifie la vie économique et culturelle vénitienne.
Impulsée par l’Etat et ses «décideurs», ou mise en mouvement quotidiennement par les particuliers, la rénovation est donc dans ces décennies à l’ordre du jour. A l’heure où les voies du commerce, malgré le sursaut de la Méditerranée, se réorganisent et où l’hégémonie économique glisse vers d’autres villes et d’autres marchés septentrionaux, si, à Venise, quelques esprits chagrins se lamentent, la puissance, la richesse, recomposées, sont toujours là. Le temps de la maturité est venu mais la ville, parce qu’elle change, innove et crée, conjure encore le déclin. Au XVIe siècle, la primauté s’en est allée mais, dans les campagnes de Terre Ferme, les moissons sont prospères et, dans la cité, les métiers tournent. Le centre économique vénitien a su accomplir ce que l’époque attendait de lui et l’opulence demeure.
1 F. Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme, XVe-XVIIIe siècle, Paris, 1979, vol. 2, p. 112.
2 G. B. Monticolo, I capitolari delle arti veneziane, Rome, 3 vol., 1896-1914.
3 R. Mackenney, Tradesmen and Traders. The World of the Guilds in Venice and Europe. c. 1250. c. 1650, Londres-Sydney, 1987. Pour une comparaison avec le cadre italien: R. Greci, Corporazioni e mondo del lavoro nell’Italia padana medievale, Bologne, 1988; D. Degrassi, L’economia artigiana nell’Italia medievale, Rome, 1996.
4 Cité par S. Ciriacono, «Industria e artigianato», in Storia di Venezia, vol. 5, Il Rinascimento. Società ed economia, A. Tenenti-U. Tucci éd., Rome, 1996, pp. 523-592, p. 534.
5 D. Romano, Patricians and Popolani. The Social foundations of the Venetian Renaissance State, Baltimore-Londres, 1987, chap. 4; S. Gramigna-A. Perissa, Scuole di arti, mestieri e devozione a Venezia, Venise, 1981.
6 R. Mackenney, «Corporazioni e politica nel Medioevo veneziano (1250-1400 circa)», in Venezia tardomedioevale, Istituzioni e società nella storiografia angloamericana, Ricerche Venete 1, pp. 87-130, pp. 105-109; id., «The Guilds of Venice: State and Society in the longue durée», Studi veneziani, n. s., 34, 1997, pp. 15-44.
7 E. Crouzet-Pavan, « Problématique des arts à Venise à la fin du Moyen Age », in Tra economica e politica: le corporazioni nell’Europa medievale, Centro di storia e d’arte, Pistoia, 2007, pp. 39-61.
8 Les femmes sont présentes dans un certain nombre de métiers, en particulier de l’industrie textile, mais elles ne forment pas ici d’arts exclusivement féminins; voir ici La donna nell’economia secc. XIII-XVIII, S. Cavaciocchi éd., Atti della 21 settimana di studio di Prato, Florence, 1990; Donne e Lavoro nell’Italia medievale, M. G. Muzzarelli-P. Ga-letti-B. Andreoli éd., Turin, 1991; Il lavoro delle donne, A. Groppi éd., Rome-Bari, 1996; Dare credito alle donne: Presenze femminili nell’economia tra medioevo ed età moderna, a cura di G. Petti Balbi et P. Guglielmotti, Asti, 2012.
9 D. Romano, Housecraft and Statecraft. Domestic Service in Renaissance Venice. 1400-1600, Baltimore-Londres, 1996.
10 E. Crouzet-Pavan, «Venise cosmopolite, cœur battant de la Méditerranée chrétienne», dans Adriatic Connections: the Adriatic as a Threshold to Byzantium, British school at Rome, 2015, à paraître.
11 E. Crouzet-Pavan, Sopra le acque salse. Espaces, pouvoir et société à Venise à la fin du Moyen Age, Rome, 1992, 2 vol., t. 2, pp. 751-759; id., Le Moyen Age de Venise. Des eaux salées au miracle de pierres, Paris, 2015.
12 Ch. Verlinden, «Venezia e il commercio degli schiavi provenienti delle coste orientali del Mediterraneo», dans Venezia e il Levante, A. Pertusi éd., Florence, 1973, pp. 911-930.
13 R. C. Mueller, «Venezia e i primi schiavi neri», Archivio veneto, serie V, vol. CXIII, 1979, pp. 139-142.
14 I. Origo, «The Domestic Ennemy. The Eastern Slaves in Tuscany in the Fourteenth and Fifteenth Centuries», Speculum, 30,1955, pp. 321-366.
15 Pour l’époque moderne: I. Palumbo-Fossati, «L’interno della casa dell’artigiano e dell’artista nella Venezia del cinquecento», Studi veneziani, n. s., 8, 1984, pp. 1-45.
16 Ph. Braunstein, «Le commerce du fer», Studi veneziani, 1966, 8, pp. 267-302, pp. 267-302.
17 La fourniture des voiles pour la flotte vénitienne soutint toutefois le secteur cotonnier: S. Ciriacono, «Industria e artigianato», art. cit., pp. 550-551; M. Fennel Mazzaoui, The Italian Cotton Industry in the Later Middle Ages, 1100-1600, Cambridge, 1981.
18 A. Wyrobisz, «L’attività edilizia a Venezia nel XIV e XV secolo», Studi veneziani, 7, 1965, pp. 307-343.
19 N. Fano, «Ricerche su l’arte della lana a Venezia nel XIII e XIV secolo», Archivio Veneto, serie V, 14, 1936, pp. 73-213.
20 G. Monticolo, «La sede dell’arte della lana a Venezia nei secoli XIII e XIV, Spigolature d’Archivio», N. A. V., 3, partie II, 1892, pp. 351-360; E. Crouzet-Pavan, La mort lente de Torcello. Histoire d’une cité disparue, Paris, 1995, pp. 178-179 (rééd., Paris, 2017).
21 E. Crouzet-Pavan, Sopra le acque salse, op. cit., t. 1, pp. 307-308 t. 2, pp. 745-751.
22 R. Tilden Rapp, Industry and Economic Decline in Seventeeth Century Venice, Londres, 1976, pp. 6-7; D. Sella, «Les mouvements longs de l’industrie lainière à Venise», A. E. S. C., 1957, pp. 29-45; id., «L’industria della lana a Venezia nei secoli XVI e XVII», in Storia dell’ economia italiana, C. M. Cipolla éd., vol. 1, Turin, 1959; id, «The Rise and The Fall of the Venetian Woolen Industry», in Crisis and Change in the Venetian Economy in the Sixteenth and Seventeeth Centuries, B. Pullan éd., Londres, 1966, pp. 106-126.
23 S. Ciriacono, «Industria e artigianato», art. cit., p. 546.
24 F. Brunello, Arti e mestieri a Venezia nel Medioevo e nel Rinascimento, Vicence, 1981; S. Ciriacono, «Industria e artigianato», art. cit., pp. 548-549.




